Yannick Le Moing

Yannick Le Moing

Développement durable et Gestion des risques sur les territoires

La marine israélienne intercepte le bateau français pour Gaza

La marine israélienne intercepte le bateau français pour Gaza

La marine israélienne a pris mardi le contrôle du navire français de la flottille internationale qui projetait de forcer le blocus maritime israélien de Gaza, a annoncé une porte-parole militaire. Selon la radio publique israélienne, l'abordage s'est déroulé "sans incidents". Le Dignité-Al Karama est arrivé au port d'Ashdod, dans le sud d'Israël, peu après 16h30 heure de Paris, conduit par trois bâtiments militaires israéliens.

Dans la matinée, le navire s'était retrouvé encerclé par des navires israéliens. "Toutes les communications sont brouillées, nous ne pouvons plus communiquer avec eux (ceux présents à bord du bateau, ndlr) par téléphone ni par internet", indiquait alors l'un des organisateurs, Julien Rivoire, joint au téléphone à Paris. Une ultime mise en garde avant l'abordage selon l'armée israélienne, qui avait signalé que "des bâtiments de la marine ont hélé le yacht pour l'informer qu'il approchait d'une zone fermée".

"Nous sommes sans nouvelles des passagers et exprimons notre inquiétude au vu des menaces proférées par Israël contre la flottille", a déclaré l'association France Palestine solidarité, basée à Paris, parlant d'un "acte de censure militaire". Elle demande aux autorités françaises de prendre leurs responsabilités, de protéger les passagers et d'appeler Israël à ne pas recourir à la violence.

Israël avait prévenu

Le Dignité-Al Karama transporte 16 militants français, canadiens, suédois, grecs ainsi que la journaliste renommée du quotidien israélien de gauche Haaretz, Amira Hass, et une équipe de la chaîne de télévision du Qatar Al-Jazira. Intercepté le 7 juillet par les garde-côtes grecs, il avait quitté dimanche la petite île grecque de Kastellorizo en appareillant officiellement pour le port égyptien d'Alexandrie. Mais son véritable objectif était d'atteindre la bande de Gaza, selon les organisateurs.

Les neuf autres bateaux qui composaient la flottille, avec à leur bord 300 militants venus de 22 pays, n'avaient pas été autorisés à quitter la Grèce ; Athènes avait expliqué cette interdiction par la "sécurité des militants", après l'assaut sanglant de la marine israélienne sur une précédente flottille pour Gaza, le 31 mai 2010.

Israël impose un blocus à Gaza depuis l'enlèvement d'un de ses soldats en juin 2006. L'an dernier, une première tentative d'approcher de Gaza avait déjà coûté la vie à neuf personnes après l'assaut de la marine israélienne contre le ferry turc Mavi Marmara, qui servait de navire amiral à la flottille. Depuis l'annonce de cette nouvelle expédition visant à percer ce barrage maritime, Israël a réaffirmé à plusieurs reprises qu'il ne permettrait pas au navire de se rendre à Gaza. "Si ce bateau tente une action provocante, effectivement nous l'intercepterons", avait prévenu lundi le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon.

Le ministère français des Affaires étrangères a quant à lui déconseillé à ses ressortissants de participer à une nouvelle flottille en raison des risques sécuritaires. Et a appelé les autorités israéliennes à agir "avec responsabilité et mesure, respectent tous les droits de nos ressortissants et permettent leur prompt retour en France". Onze des 16 personnes à bord sont de nationalité française.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article