Le château de Châteaubriand en Loire-Atlantique

par YLM  -  11 Mars 2013, 14:06  -  #Région Bretagne

Le château de Châteaubriant est une forteresse médiévale fortement remaniée à la Renaissance située en Loire-Atlantique, dans la ville de Châteaubriant.

Le château a été établi au XIe siècle sur les Marches de Bretagne et, comme ceux de Vitré, Fougères, Ancenis et Clisson, il était chargé de défendre la Bretagne face au royaume de France. Il est d'ailleurs le pendant breton du château de Pouancé, situé en Anjou.

Le château a été réaménagé plusieurs fois au cours du Moyen Âge, et la ville de Châteaubriant s'est développée autour, s'entourant elle-même de remparts au XIIIe siècle. L'ensemble est élevé en baronnie au XIIe siècle, puis passe aux familles de Dinan et de Montfort-Laval. Pendant la Guerre folle, au XVe siècle, le château est pris par les Français après un siège. Le logis et le donjon, endommagés, sont restaurés. Enfin, au XVIe siècle, le château prend son aspect définitif, avec la construction de nouveaux logis et d'une grande galerie Renaissance.

La baronnie de Châteaubriant revient à la Maison de Condé au XVIIe siècle. Après la Révolution française, le château, plusieurs fois vendu, accueille diverses administrations. La fermeture du tribunal en 2009 puis le départ des services sous-préfectoraux permettent d'envisager une nouvelle présentation du château aux visiteurs.

Ce château figure sur la liste des 1 034 premiers monuments historiques français classés en 1840. La protection a cependant été retirée en 1887. Il fait à nouveau l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 11 juillet 1921. Il fait par ailleurs partie d'une liste préparatoire visant à faire inscrire les Marches de Bretagne au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Le château est situé entre la ligne de Châteaubriant à Rennes à l'est et la vieille-ville de Châteaubriant à l'ouest. Au nord, il est bordé par la Chère, qui forme des douves naturelles, et au sud, il s'ouvre sur la place Charles-de-Gaulle.

La Chère est par ailleurs retenue par une chaussée du Moyen Âge qui forme l'étang de la Torche. Cette chaussée servait d'accès à la ville médiévale et faisait partie intégrante des remparts. Enfin, le château était à l'origine bordé à l'ouest par le ruisseau du Rollard, recouvert au XIXe siècle. Ce ruisseau se trouvait légèrement à l'ouest de la rue Rigale et traversait la Grande rue.

Le sous-sol castelbriantais est formé de roches sédimentaires appartenant au massif armoricain, comme du schiste et du grès, et forme des plissements et des affleurements. Le château se trouve sur l'un de ces affleurements. Abrupt au niveau de la Chère, cet affleurement descend en terrasses vers le sud.

Le château est mentionné pour la première fois entre 1030 et 1042, mais il existe depuis le début du XIe siècle. Il a été fondé par Brient, sur ordre du comte de Rennes, afin d'assurer un avant-poste dans le pays de la Mée. Cette région centrée sur Châteaubriant était alors une zone tampon entre les comtés rivaux de Rennes, Nantes et Angers, mais aussi un espace d'échanges commerciaux. Ainsi, la foire de Béré, qui se tient tous les ans à la sortie de la ville, a été créée en 1049. Brient fonde aussi le prieuré de Béré et fait construire l'église Saint-Jean.

Le premier château est construit en bois sur une motte castrale dominant le confluent de la Chère et du Rollard. Il possédait deux rangées de douves, l'une sèche, l'autre en eaux, et un grand donjon carré. Ce donjon est rapidement remplacé par une tour en pierre au XIe ou XIIe siècle. Des logis en dur sont construits au XIIe siècle et la chapelle est édifiée du XIIe au XIIIe siècle. À cette époque, la ville de Châteaubriant prend forme à l'ouest du château, sur les berges du Rollard. Elle se dote de remparts, construits du XIIIe au XVe siècle et intégrés aux murs du château.

Le mur d'enceinte et les tours qui le ponctuent sont réalisés au XIIIe siècle, comme le châtelet. Ce dernier est constitué de deux tours identiques qui faisaient 25 mètres de haut. Les logis, remaniés à plusieurs reprises, sont totalement refaits au XIVe siècle, comme le donjon, qui reprend les fondations du XIe siècle. Enfin, le Pavillon des Champs, qui sert d'entrée à la basse-cour, est construit à la fin du XIVe siècle.

La dynastie de Brient s'éteint en 1383 et la baronnie de Châteaubriant revient à Charles de Dinan. La famille de Dinan se trouve à son tour sans postérité mâle en 1444. L'héritière, Françoise de Dinan, est l'épouse de Guy XIV de Laval, compagnon de Jeanne d'Arc. Après la mort de ce dernier en 1486, elle s'oppose au duc François II de Bretagne et fait signer le traité de Châteaubriant par lequel des barons de Bretagne font appel au roi de France pour régler une querelle interne bretonne. Le traité, qui trahit l'autorité de François II, est une des raisons de la Guerre folle, qui oppose le Roi de France à ses seigneurs vassaux. La Bretagne et la France entrent en guerre, et les places fortes bretonnes sont prises les unes après les autres par les Français. Le siège de Châteaubriant, en 1488, dure une semaine, puis les assiégés capitulent.

Après le siège de 1488 et le retour de la paix, Françoise de Dinan fait reconstruire et améliorer le château. Le donjon et les logis sont ouverts par des baies et de nouvelles cheminées à décor flamboyant sont installées.

L'aménagement du donjon et des logis est le prélude à de grands travaux. En effet, Françoise de Dinan fait ensuite construire un nouveau logis, adossé à la courtine orientale, dans la basse-cour. Il prend le nom de « Bâtiment des Gardes » pendant la Révolution française, parce qu'il est alors occupé par Gardes nationaux. Le nouveau logis est terminé au début du XVIe siècle sous Jean de Laval-Châteaubriant, petit-fils de Françoise de Dinan et gouverneur de Bretagne. Il est caractéristique de la Première Renaissance et une galerie le relie au donjon.

Jean de Laval-Châteaubriant fait ensuite construire un nouveau logis en prolongement. Les travaux ont lieu pendant les années 1530, et l'édifice, typique de la Seconde Renaissance, abandonne l'aspect médiéval employé pour le Bâtiment des Gardes. Il suit avec rigueur les canons italiens tout en conservant quelques éléments français, comme son toit pentu. Un escalier rampe sur rampe est construit à la jonction des deux logis. Jean de Laval fait aussi édifier la grande galerie qui forme une aile en retour au nouveau logis et permet de le relier au Pavillon des Champs. Celui-ci est d'ailleurs remanié à la même occasion.

Jean de Laval meurt sans descendance en 1543 et désigne Anne de Montmorency pour héritier. Ce dernier poursuit les travaux et embellit le parc, mais établit sa résidence principale au château d'Écouen.

La baronnie de Châteaubriant reste dans la Maison de Montmorency jusqu'en 1632. Henri II de Montmorency est alors décapité pour avoir intrigué contre le Cardinal de Richelieu. Châteaubriant est réattribué à la Maison de Condé qui le conserve jusqu'à la Révolution.

Henri II de Bourbon-Condé effectue quelques aménagements intérieurs peu après 1632, comme la création de la « Chambre dorée » dans le logis Jean de Laval. Néanmoins, les Condé ne résident pas à Châteaubriant, mais au château de Chantilly et dans leur hôtel parisien. L'éloignement des ducs de Montmorency puis des princes de Condé permet une certaine autonomie à la ville de Châteaubriant. Ainsi, elle se dote d'institutions municipales indépendantes du pouvoir seigneurial. Néanmoins, le château reste occupé par des officiers princiers qui conservent un certain pouvoir sur la vie locale.

La toiture du donjon s'effondre dans les années 1720 à la suite d'une tempête. L'édifice tombe ensuite progressivement en ruine.

Époque contemporaine

Pendant la Révolution française, le prince Louis V de Bourbon-Condé est un des premiers nobles à quitter la France, dès 1789. La Garde nationale de la ville s'installe au château. Il accueille aussi divers entrepôts ainsi que la gendarmerie en 1797. Certaines parties sont aussi mises en affermage et des lots sont vendus. Enfin, une partie des douves est comblée en 1820.

Le château est progressivement restitué au prince de Condé pendant la Restauration. Celui-ci en possède la majorité en 1819, mais souhaite revendre l'ensemble. La ville, qui cherche des nouveaux locaux pour sa prison, son tribunal et sa mairie, est intéressée par la vente. Cependant, le prince ne veut pas traiter avec l'administration, et c'est le maire, Martin Connesson, qui fait l'achat personnellement. Il rétrocède ensuite le Pavillon des Champs au département qui y installe la prison, et le reste à la ville. La transaction est également compliquée par la présence de plusieurs usufruitiers. Le tribunal est installé au château en 1825. Martin Connesson conserve aussi un terrain dans l'enceinte du château. Il y fait édifier un hôtel particulier en 1822. Martin Connesson faisait en outre partie des propriétaires de lots du château avant que celui-ci ne soit récupéré par le prince de Condé.

En 1839, la municipalité envisage la destruction du donjon, afin de récupérer les pierres pour construire un pont et une école. Ce projet rencontre cependant une vive opposition et le château est inscrit sur la liste des premiers Monuments historiques de 1840.

Le château s'avère d'ailleurs être un fardeau pour la ville, et elle le revend au duc d'Aumale en 1845. Ce dernier s'installe dans la maison construite par Martin Connesson et la fait redécorer. Fils de Louis-Philippe Ier, il suit son père en Angleterre après la Révolution de 1848. Il remet le château en vente en 1853 ; ce dernier est repris par le conseil général de la Loire-Inférieure. La sous-préfecture s'y installe en 1854 et la maison de Martin Connesson devient le logement de fonction du sous-préfet. La gendarmerie, le tribunal et la prison, qui avaient quitté les lieux lors de la vente en 1845, reviennent en 1855.

Le conseil général demande le déclassement des Monuments historiques en 1887, à cause des contraintes de conservation trop importantes. Des travaux de restauration sont toutefois menés à partir de 1909, notamment sur le donjon, qui conserve son aspect ruiné. Enfin, le site redevient Monument historique en 1921. En 1944, l'extrémité sud des logis Renaissance est détruite lors d'un bombardement.

Plusieurs grandes opérations de conservation sont menées dans les années 1960, puis à partir des années 2000. Cependant, le château n'est jamais vraiment ouvert au public, puisque les visiteurs ne peuvent accéder qu'aux extérieurs et à certaines pièces comme la salle des Gardes, qui accueille des expositions temporaires. Le reste des bâtiments a longtemps continué à accueillir des administrations, comme la sous-préfecture et le Tribunal d'instance, ainsi que la bibliothèque municipale. Cependant, la gendarmerie quitte les lieux en 1971, la bibliothèque suit en 2006, puis le tribunal est fermé en 2009 et les services de la sous-préfecture déménagement en 2012. Ces départs permettent au conseil général d'engager d'importants travaux, comme la restauration des logis médiévaux, et d'envisager une nouvelle présentation du site. La maison du duc d'Aumale demeure quant à elle le logement de fonction du sous-préfet.

Source: Wikipédia

Le château de Châteaubriand en Loire-Atlantique