Yannick Le Moing

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Développement durable et Gestion des risques sur les territoires

John Kerry commémore la libération en 1944 de son fief familial breton

A Saint-Briac-sur-Mer, le secrétaire d’Etat américain a mêlé samedi son histoire familiale et celle de la Seconde Guerre mondiale.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a mêlé samedi son histoire familiale et celle de la Seconde Guerre mondiale en France en commémorant la libération de Saint-Briac-sur-Mer (Bretagne) pendant l’été 1944, une commune qui est le fief d’une partie de sa famille.

«Il est merveilleux d’être ici pour célébrer cette commémoration de la Libération et le lien éternel qui unit les Etats-Unis et la France», a lancé John Kerry sous un soleil radieux, devant des centaines d’habitants de Saint-Briac, là où sa famille possède un manoir, les Essarts, que son grand-père maternel James Forbes avait fait construire dans les années 1920.

«Saint-Briac et toute la Bretagne ont évidemment une signification particulière pour moi et pour toute ma famille», a déclaré John Kerry, tout sourire, dans un bel effort pour prononcer son discours en français.

Le chef de la diplomatie américaine, qui a assisté vendredi aux commémorations du Débarquement en Normandie après des étapes à Varsovie, Beyrouth et Paris, a rendu hommage à la mémoire de trois soldats américains tombés lors de la libération de Saint-Briac, le 15 août 1944.

La France «a évidemment connu une tragédie pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais la France s’est reconstruite pierre par pierre. Aujourd’hui, la France est plus forte que jamais», a affirmé John Kerry, sous les applaudissements et au rythme d’un orchestre de jazz dans ce village de 2000 âmes, situé à quelques encablures de Dinard et Saint-Malo.

La libération de Saint-Briac a été immortalisée par une photo devenue célèbre, montrant un G.I. américain embrassant une petite Française. Le cliché avait été pris par un soldat de la 83e division d’infanterie, Tony Vaccaro, présent samedi aux célébrations à Saint-Briac.

«C’est par accident que j’ai pu prendre cette photo», a plaisanté Tony Vaccaro, 93 ans, mêlant l’anglais et le français.

«Nous n’oublierons jamais...»

John Kerry a inauguré une place portant le nom du photographe et a remercié le maire et la commune de Saint-Briac, dont les habitants, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avaient pu préserver quelques vestiges de la maison des Essarts, qui fut occupée puis incendiée par les nazis. La résidence fut reconstruite après la guerre par la famille Forbes.

«Nous n’oublierons jamais le courage et la gentillesse des habitants de cette ville», a dit John Kerry, sous les remerciements de la foule, agitant des fanions français et américains.

Le grand-père maternel de John Kerry, James Forbes, était issu d’une riche famille américaine de Boston (Massachusetts, côte est des Etats-Unis), originaire d’Ecosse. Forbes faisait des affaires dans les années 1920 en France.

Devant ses hôtes, John Kerry a de nouveau raconté comment sa mère Rosemary Forbes, née à Paris au début des années 1920, avait été «infirmière à Paris» au début de la Seconde Guerre mondiale, soignant des blessés revenus du front, avant de fuir la capitale en 1940, de «traverser la France à vélo jusqu’au Portugal, puis vers l’Amérique».

Le dirigeant américain est cousin germain d’un ancien ministre français de l’Environnement, Brice Lalonde, dont la mère était la sœur de Rosemary Forbes et avait elle aussi grandi en France.

Les deux cousins ont passé plusieurs étés de leur enfance aux Essarts.

Outre la France, M. Kerry a ses racines très profondément enfouies dans l’histoire européenne. Il est aussi issu, côté paternel, d’une famille de Juifs austro-hongrois convertis au catholicisme et qui avait émigré aux Etats-Unis au tout début du XXe siècle.

Evoquant encore le Débarquement et la Libération, John Kerry a rappelé que «la défense de la liberté, sans compromis, était inscrite au coeur du partenariat entre la France et les Etats-Unis».

«C’est ce qui nous a uni dès les premiers jours de l’histoire de l’Amérique. Et c’est certainement ce qui nous unit aujourd’hui», a conclu le secrétaire d’Etat.

AFP

John Kerry à Saint-Briac-su-Mer, en Bretagne, le 7 juin. (Photo Jean-Sébastien Evrard. AFP)

John Kerry à Saint-Briac-su-Mer, en Bretagne, le 7 juin. (Photo Jean-Sébastien Evrard. AFP)

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