Yannick Le Moing

Yannick Le Moing

Développement durable et Gestion des risques sur les territoires

La forteresse de Léhon

Bâtie sur un éperon rocheux, la forteresse de Léhon défendait l'entrée de la vallée de la Rance.

Le château est mentionné dans l'histoire pour la première fois en 1034, lors de la guerre d'héritage qui opposa Alain et Eudon, fils du duc de Bretagne, Geoffroy Ier.

En 1168, le château est assiégé par le roi Henri II d'Angleterre et sera rasé en 1169, selon les conditions du traité de paix conclu entre le roi de France Louis VII et Henri II, r
oi d'Angleterre.

La forteresse rebâtie par Pierre Mauclerc au XIII e siècle est celle dont on voit aujourd'hui les restes : une enceinte à peu près carrée flanquée à chaque angle de tours rondes. Le fief appartient alors à Gervaise de Dinan comme l'attestent les nombreux actes portant son sceau.

En 1359, la ville de Dinan et le château de Léhon sont assiégés par les Anglais commandés par le duc de Lancastre. Les bretons implorent une trêve en attendant les secours de Duguesclin.

A la fin du XIV e siècle, après le traité de Guérande qui met fin aux hostilités franco-anglaises, les places fortes de Léhon et Dinan sont rendues au duc de Bretagne.

Le château est qualifié de ruineux en 1490.

En 1664, le roi Louis XIII donne à Charles Bruslard, prieur commendataire du couvent de Léhon les ruines du vieux château, dont une partie des pierres serviront aux travaux de réfection du monastère.


Propriété communale depuis 1905, le château est inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques le 4 février 1926, puis radié en 1931, à la demande de la municipalité qui estime : " qu'il n'y avait pas lieu d'inscrire la commune de Léhon sur la liste des localités présentant un caractère artistique et archéologique ".

Et c’est en octobre 2004, à la demande du maire Léo Carabeux et de la commission du Patrimoine, que le château est réinscrit.

Autre temps, autre regard sur nos vieilles pierres : la commune a obtenu pour la qualité de son patrimoine et l'intérêt de son site, le label " Petite Cité de Caractère de Bretagne".

Les élus léhonnais de 1930 ne pouvaient s'imaginer qu'un jour leurs successeurs s'engageraient avec autant d'ardeur dans la restauration du vieux château pour rendre un hommage posthu
me à ces bâtisseurs de l'an mil.

Tous ces hommes furent les acteurs politiques de leur temps, en instaurant le régime féodal fondé sur les relations d'homme à homme, cimentées par des solidarités très étroites liant les personnes, les groupes et les communautés.

Ici, sur une échelle territoriale réduite, l'encadrement des hommes s'est organisé autour d'une motte protégée par une enceinte de bois ou de pierres, puis d'un château fort qui a constitué pendant des siècles le siège du pouvoir. Les bases d'une société organisée se mettaient ainsi en place.


La présence forte de ces ruines sur notre sol nous interpelle car nous sommes issus de leur histoire. Elles nous laissent en héritage ce patrimoine de pierres qui est celui de notre mémoire.

La forteresse de Léhon

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