Voeu adopté par le Conseil Municipal de Rennes le 13 octobre

par Yannick Le Moing - Génération Ecologie  -  14 Octobre 2014, 20:58  -  #Rennes

Les massacres commis cet été à Gaza et la répression féroce qui s’est abattue sur la Cisjordanie – qui a aussi frappé les citoyens arabes et les militants anticolonialistes en Israël même – sont une nouvelle démonstration de l’absence totale de pression internationale sur l’État israélien qui fait régresser tous les espoirs de paix en organisant une véritable séparation entre populations arabe et israélienne. La colonisation n’a fait que progresser. Il ne reste plus de la Palestine historique qu’un territoire équivalent à peine à la superficie de l’Ille-et-Vilaine, et désormais subdivisé en une multitudes de cantons et de sous-cantons, que le cartographe du Monde Diplomatique, Julien Boussac baptisait « l’Archipel de Palestine ».

Immédiatement après la signature des accords d’Oslo, Israël entreprenait l’encerclement de la bande de Gaza par une clôture hermétique, grillages électrifiés munis de capteurs électroniques, de caméras de surveillance, longés par un chemin de ronde sur lequel patrouillaient en permanence les véhicules blindés de l’armée. La liaison routière sécurisée promise par les accords, entre Gaza et la Cisjordanie n’a jamais été construite. Les permis de travail parcimonieusement octroyés aux Palestiniens de Gaza ont été suspendus, réduisant une partie importante de la population au chômage. La bande de Gaza, qui au début des années 90 était non seulement auto-suffisante sur le plan alimentaire et économique, mais exportait vers l’Égypte et la Jordanie une partie de sa production, était réduite à quémander l’aide internationale pour subsister.

Le retrait unilatéral décrété par A.Sharon en 2005, n’avait d’autre but que de décharger Israël de ses responsabilités de puissance occupante, et son armée des risques qu’elle encourait en protégeant des colonies devenues trop coûteuses à entretenir, trop peu rentables, dès lors qu’elles avaient épuisé les nappes phréatiques sur lesquelles elles avaient été implantées. La majorité des colons étaient alors transférés dans les colonies de Cisjordanie.

C’est cette politique unilatérale, méprisant toute forme d’engagement international, qui a décrédibilisé aux yeux des Palestiniens, le processus d’Oslo et ses parrains : l’ONU, l’Union Européenne, les USA, la Russie… C’est le renoncement de ces parrains à toute forme d’exigence de respect de la parole donnée, à toute référence au droit international, qu’il s’agisse des résolutions de l’ONU sur la Palestine ou des conventions de Genève, qui a encouragé la politique agressive, expansionniste de l’État d’Israël. C’est ce renoncement qui a permis l’installation au pouvoir, d’une coalition désormais sous l’influence directe de partis ouvertement racistes.

Les paramètres de la Paix sont connus. La Communauté internationale doit prendre ses responsabilités et peser de tout son poids pour la relance et la réussite du processus de paix.

La France peut agir au sein de l’ONU. Elle va ainsi proposer une résolution sur la solution du conflit israélo-palestinien au Conseil de Sécurité.

Les Maires et les municipalités ont aussi une responsabilité essentielle, et c’est pour cela que la Ville de Rennes promeut la solidarité internationale et soutient les associations qui œuvrent en ce sens.

Rennes a toujours plaidé la cause de la Paix. En 2009, Daniel Delaveau et les élus du conseil municipal avaient répondu à l’appel de Mouvement pour la Paix en signant la pétition pour l’État de Palestine.

Depuis plusieurs années dans le cadre de sa politique de solidarité internationale, la Ville a soutenu des actions à destination de la Palestine. Elle adhère notamment au réseau de coopération décentralisée pour la Palestine, et a plusieurs fois abondé au fonds de solidarité pour les collectivités locales palestiniennes afin de soutenir les services de base des municipalités.

« Le droit, rien que le droit, tout le droit » disaient cet été les Rennais qui convergeaient des quartiers vers la place de la mairie, pour dire à la fois leur colère et leur exigence de paix.

C’est cette exigence que porte aujourd’hui, avec ses citoyens, le Conseil Municipal de Rennes. Plus que jamais, la paix est la meilleure garantie de sécurité pour Israël comme la condition de la souveraineté, du développement et de la démocratie pour les palestiniens. La seule chance de paix juste et durable pour les peuples qui vivent aujourd’hui sur le territoire de la Palestine historique, c’est la justice et l’application du droit, application qui peut passer par la mise en œuvre de sanctions envers toutes actions illégales.

Ainsi, le Conseil municipal de Rennes :

  • souhaite un accord politique de paix juste et durable qui nécessite entre autres la reconnaissance de deux États distincts et indépendants, la fin de la colonisation israélienne, du blocus illégal de Gaza et de l’emprisonnement arbitraire de palestiniens.
  • continuera de soutenir, de relayer les initiatives et les actions qui prônent le dialogue entre les peuples, le vivre ensemble et l’urgence d’aboutir à une paix juste ainsi qu’à la création d’un État palestinien conformément au droit international.
  • poursuivra ses engagements au sein du Réseau de coopération décentralisée et son soutien aux projets associatifs et aux projets de développement menés dans le cadre de sa politique de solidarité internationale
Voeu adopté par le Conseil Municipal de Rennes le 13 octobre