Yannick Le Moing

Yannick Le Moing

Développement durable et Gestion des risques sur les territoires

Les écologistes sont dans une période de flou stratégique

François de Rugy, coprésident du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, était hier l’invité de l’émission «Face aux chrétiens» animée par Frédéric Mounier et coproduite par KTO. Il répondait aux questions d’Alain Baron (Radio Notre-Dame), Romain Mazenod (RCF) et Mathieu Castagnet ( La Croix ).

La Croix: Les députés écologistes n’ont pas voté la motion de censure présentée par la droite mais certains responsables du parti militent pour un rapprochement avec le Front de gauche. Êtes-vous toujours dans la majorité?

François de Rugy: La sortie du gouvernement en avril 2014 était une décision personnelle des deux ministres écologistes qui s’est imposée au mouvement alors que les députés et sénateurs n’y étaient pas favorables. Nous vivons depuis une période de flou stratégique même si nous sommes un certain nombre à souhaiter que les choses se décantent et que l’on revienne sur le terrain de l’écologie qui agit.

Nous avons été élus dans la majorité en 2012. Cela ne se passe pas toujours facilement mais c’est dans ce cadre-là que nous voulons avancer. Il n’y a pas de majorité alternative avec les frondeurs du PS, le Front de gauche et les écologistes. Cela ferait au maximum 80 voix à l’Assemblée là où il en faut 289 pour avoir une majorité.

À quelles conditions les écologistes pourraient-ils revenir au gouvernement?

F. de R: La question n’est pas de faire une liste de nos revendications mais de tracer un programme d’action afin que les deux ans qui restent soient davantage tournés vers l’écologie. On voit aujourd’hui le président s’engager sur ces questions. Tant mieux.

Exigerez-vous aussi une réorientationde la politique économique?

F. de R: Il y a des choix qui ont été faits et même si nous ne sommes pas enthousiastes, nous avons bien compris que cela ne va pas être changé. Mais la question pour les écologistes est-elle de savoir s’il faut s’insérer dans le débat au PS et si la politique doit être plus ou moins à gauche? L’important pour les écologistes c’est surtout de faire en sorte que la politique soit plus écologique. Car si nous ne le faisons pas, personne ne le fera.

Certains parlementaires écologistes, vous notamment, semblent tentés par une entrée au gouvernement. Cela peut-il être une démarche personnelle ou faudra-t-il une décision de l’ensemble du parti?

F. de R: Je souhaite que cela soit une démarche collective et non pas l’affaire de deux ou trois personnes. Mais j’en ai marre de tous ces discours disant que nous courons après les postes au gouvernement parce que la soupe y est bonne. Quand on se présente à une élection, c’est pour être élu. Et si on est élu, c’est pour exercer des responsabilités et non pour rester sur sa montagne et distribuer les bons et les mauvais points.

Le compromis auquel a dû se résoudre le gouvernement grec prouve-t-il qu’il est impossible de mener une politique radicalement différente en Europe?

F. de R: Ceux qui en France se revendiquent de «la gauche Syriza» doivent se rendre compte que la politique magique n’existe pas. L’élection d’Alexis Tsipras n’est pas un coup de baguette qui fait disparaître le problème de la dette. Certaines contreparties demandées à la Grèce sont contestables et le gouvernement a raison de chercher à les renégocier. Mais la dette n’est pas une invention de la troïka ou de la méchante Allemagne. Lorsque l’on est dans l’Union européenne et dans l’euro, on ne peut pas faire ce qu’on veut.

Les écologistes sont dans une période de flou stratégique

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