Dernier rendez-vous avant la COP21 : 62 ministres du monde entier à Paris

par YLM  -  10 Novembre 2015, 08:01  -  #Société et Environnement

Dernier rendez-vous avant la COP21 : 62 ministres du monde entier à Paris

Plus de 60 ministres ont répondu à l’invitation de Laurent Fabius, futur président de la COP21, pour trois jours de travail. Objectif de ce dernier rendez-vous avant la Conférence sur le climat : explorer des compromis possibles, donner l’impulsion politique dans cette dernière ligne droite et préparer la reprise des négociations dès l’ouverture de la COP21.

Cette réunion s’inscrit dans la continuité des consultations ministérielles informelles organisées en juillet et en septembre par le ministre des Affaires étrangères et le ministre péruvien de l’Environnement et président de la COP20, Manuel Pulgar-Vidal.

Tous les principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre sont représentés, parmi lesquels les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, l’Union européenne et plusieurs de ses membres, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Indonésie, la Russie, l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe.

De nombreux pays particulièrement vulnérables au changement climatique comme le Bangladesh, les petits Etats insulaires en développement ou encore le Niger ont répondu à l’invitation.

Au total, 70 pays sont représentés. Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, est également présente.

Une répétition générale avant la COP21

« Notre réunion ouvre la dernière ligne droite d’un marathon diplomatique entamé en 2011 à la COP 17 de Durban, et qui doit trouver son aboutissement début décembre à la fin de la COP 21, a rappelé Laurent Fabius, dans son discours d’ouverture de la séance en plénière, dimanche 8 novembre. Beaucoup de travail a été accompli, beaucoup de chemin a été parcouru mais, comme dans toute course de fond, les derniers kilomètres sont souvent les plus difficiles. Nous devons donc poursuivre notre mobilisation et même l’amplifier. » Avant de revenir sur le texte adopté lors de la dernière session de négociations à Bonn (en savoir plus) : « Ce texte a le mérite d’être structuré, équilibré, doté d’options ambitieuses. Surtout, il est accepté par toutes les parties comme la base pour la négociation finale à Paris. Au regard de ce qui constituait la norme lors des précédentes COP, il s’agit d’un atout important. » Le futur président de la COP21 a ensuite mis en perspective le travail de ces trois jours : « Nos négociateurs techniques butent encore sur une série de grandes questions politiques. Ils ne peuvent pas toujours les résoudre à leur niveau. Il nous faut donc, au niveau des ministres, trancher entre les grandes options disponibles. C’est sur la base de ce travail indispensable de notre part que les négociateurs pourront avancer rapidement dès le début de la Conférence, après avoir reçu l’impulsion politique des chefs d’Etat et de gouvernement le 30 novembre. » Et de poursuivre : « Cette pré-COP doit également nous préparer, collectivement, à « prendre les commandes » de la négociation. Lorsqu’à la fin de la première semaine de la COP, les co-présidents du groupe ADP m’auront remis le projet d’accord issu des travaux des négociateurs, c’est aux ministres et aux chefs de délégation qu’il reviendra de boucler la négociation au cours de la deuxième semaine ».

Quatre thèmes à l’ordre du jour

Les ministres vont travailler durant trois jours sur quatre thèmes sur lesquels un consensus politique est nécessaire pour obtenir un accord à Paris :

– ambition de l’accord : l’idée est d’amener tous les pays à accepter le principe d’une clause de révision des contributions nationales avec la mention d’une périodicité.

– équité de l’accord : les pays en développement souhaitent que les responsabilités passées et les capacités de chacun soient prises en compte. Si le principe est acté, les modalités de mise en œuvre restent encore à discuter.

– financements après 2020 : réfléchir sur les financements possibles après 2020 : contribution des pays en développement ? Augmentation de l’enveloppe des 100 milliards de dollars par an ?

– avant 2020 : et les actions concrètes qui doivent être entreprises d’ici 2020, date d’entrée en vigueur du nouvel accord.

Échange avec la société civile

Juste avant le début de la pré-COP le ministre des Affaires étrangères s’est entretenu avec une vingtaine de représentants des neuf groupes de la société civile internationale reconnus par le Secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

Programme du 10 novembre

9h00 – 11h55 Seconde session plénière avec la présentation des conclusions des travaux de groupes et clôture de la pré-COP.

12h00 – 12h30 Conférence de presse de Laurent Fabius, Manuel Pulgar Vidal et de la Secrétaire exécutive de la CCNUCC, Christiana Figueres.